Le réveil

Le réveil
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J’ai nettoyé mon corps, craché ta salive, détaché ton odeur.
Ton arrière-goût me brûle la gorge, je te régurgite, je te vomis,
Je balaye le fond de mes entrailles
Ta peau sous mes ongles se putréfie, j’aseptise chaque zone de mon intimité
Ton esprit tournoie parfois au dessus de mes pensées, comme un vautour affamé,
Je désinfecte, je détruis, j’assainis, je purifie.
Les sens en éveil, j’arpente le long corridor du souvenir, à genoux, à l’étroit, je suffoque tant l’odeur devient nauséabonde et agressive. J’ose affronter mes démons capricieux qui se délectent bien souvent de ma chaire endolorie.
Vois-tu, ici, il n’y a plus de temps, plus d’espace, l’être humain n’a plus rien d’humain, un amoncellement de tripes au sol, d’entrailles éparpillées, de cerveaux déphasés.
Mes mots n’ont plus d’écho, plus de force, plus d’envie, ils s’éparpillent au milieu des plaies béantes et suintantes, ils ne savent pas décrire l’autopsie des âmes défraîchies.
Vois-tu, ici, il n’y a plus de miroir, plus de regard, j’efface les traces des fantômes de l’oubli, je vomis les morceaux de la puanteur humaine…
J’ai planté le couteau dans ma chair, il suit avec harmonie la continuité de mes veines, il libère l’absinthe prisonnière de mon être, elle se répand tout autour de nous, tout autour de vous.
Je me déchire, m’écartèle, me vide de moi à en prendre du plaisir.

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