Jackie

Jackie
Print Friendly, PDF & Email

 

Il en va des résolutions que la pierre ponce des réalités les usent, les pulvérisent en poussières de regrets, quant aux réalités ce sont les collusions de fratries, les pouvoirs de nuisance de corporations établies, le réflexe d’auto défense d’individus de mauvaise foi se gardant de l’intrusion d’ennemis en leur territoire réservé… De retour sur les lieux de son crime ou de ce qu’il considérait comme tel, dont il ne confesserait à quiconque la jouissance procurée, Armand T… s’attachait à noter les conversations des clients de l’établissement, dans leur ensemble plus âgés et fortunés, devisant sur le fait divers suivant : l’horrible accident survenu à la dénommée Jackie, une hôtesse montante très prisée de ce bar particulier. Un bordel reconnu d’utilité publique de cette petite ville, couru par les mâles, en principe établis et en âge de s’y dévergonder sans crainte du quand dira-t-on, puisque officiels eux-mêmes ou y prétendant au titre, ceux en établissant la plus huppée clientèle. Ces braves bourgeois loin de s’apitoyer sur les circonstances tragiques de l’accident, sans vergogne se gargarisaient sur les séquelles que dorénavant supporterait la victime –toujours hospitalisée – pour le coup devenu unijambiste et donc plus facile à baiser !… Tout en manipulant cette culotte il y a peu dérobée, encore empreinte du fumet de l’estropiée, le jeune homme enrageait contre ces notables en rajoutant dans le graveleux, pestait contre leur unanime mauvaise foi envers celle qu’auparavant ils considéraient comme le meilleur ‘coup’ du cheptel ! Tout en notant leurs noms il savait qu’à ces mufles, très cher il ferait payer leurs bassesses, que de gré ou de force ils cotiseraient pour l’achat d’une prothèse…

Le surlendemain de son passage dans ce bordel le jeune Armand T… apprenait, que victime d’un accident de la route, sa fugace amante avait dû être désincarcérée puis amputée de sa jambe gauche ; entre autres si belles jambes –fines, galbées, heureusement soulignées de bas de soie noire ; les premières qu’il caressait – de cette accorte personne, il s’en souvenait comme portant une tache de naissance située à mi-hauteur de l’ischiojambier du membre coupé. De cette brune, racée et fine trentenaire –de naissance imaginée italienne ou espagnole ? – tant l’appréhension avait été forte et le rapport bref, à quarante huit heures de distance il était incapable de mettre un visage sur cette Jackie publique, par de bonnes âmes indiquée comme prévenante (maternelle !) avec les puceaux ! Malgré ses efforts il ne retenait que la vision de ses membres inférieurs, de son sexe broussailleux et odorant niché à leurs jonctions, ainsi que de ses fesses blanches, rebondies ! Le reste, à peine s’il s’en rappelait, dès qu’elle lui eût caressé sa verge, se l’introduisit, aussitôt il éjaculait… Ensuite, au passage il ramassa cette culotte –à posteriori il sait qu’elle le laissa faire, contribua à prolonger cet acte non abouti – qu’il tripote, y laisse la pulpe de ses doigts s’imprégner de cette odeur qui le trouble, sans cesse les porte à hauteur de son nez pour les renifler… Suite à ce fortuit accouplement, plusieurs jours il s’abstint de se laver son pénis, tacha d’y conserver des traces de mouille féminine, et cette prégnante ‘odor di fémina’ encore enflammant ses sens, issue de cette personne qu’avant leurs pourparlers il ne connaissait que par ouïe dire, forcément l’obligea à lui être redevable de son émoi… Sans parler d’innocence perdue, il en conserve suffisamment pour s’aventurer dans une inconcevable gageure : un à un il identifierait les clients de cette Jackie, les convaincrait à une participation financière afin de lui faire monter une adéquate prothèse ; car cette femme inconnue, la Femme dévoilée dans sa nudité (crudité), il sait lui devoir cette révélation qui l’émeut… Bien sûr il envisage des rebuffades, des menaces : « Jeune homme, savez-vous à qui vous vous adressez ? Que savez-vous du sexe ? Comment et de quel droit pouvez-vous nous donner des leçons ? » pourtant à cette Jackie il lui sait gré de cette fugace, inoubliable découverte de l’amour, pour elle se battra, enverra des lettres de dénonciation aux épouses, aux maîtresses des notaires, pharmaciens, et autres notables de sa petite ville, hélas sans tenir compte de la collusion de leurs fratries, de la complicité de leurs pouvoirs…

Un poète peut-il s’ériger en vengeur masqué ? Durant des nuits Armand T… ruminera de nombreuses propositions de missives, à sa disposition il tient une liste fournie de noms et d’adresses, cependant il sait que ces messieurs riront de ces menaces à peine voilées, puisque aucunement redevables envers cette pute dont les services (sévices ?) sexuels en temps et heures ont été acquittés ; s’y ajoutaient de menus cadeaux auxquels leurs épouses ne pouvaient plus prétendre : des parures de prix, des week-ends à l’étranger, etc. Offusquées celles-ci, bien qu’intéressées par une possibilité d’usage de ces lettres anonymes pour le cas d’une séparation de corps ou d’un divorce, faussement outragées puisque en leur for intérieur réticentes (regrets ?) d’abandonner le plaisir du sexe aux seules filles de mauvaise vie, insatisfaites d’avoir sacrifié leurs capacités de jouissance en échange d’une vie luxueuse où l’apparaître prime. Alors qu’au plus profond de leur féminité elles savent que le plaisir des sens n’est pas toujours le déplaisir des autres, qu’à mauvais escient cet inopportun alias vient le leur rappeler… Il tournait, retournait, raturait, déchirait, jetait au panier ses maladroites écritures ne s’adressant qu’à d’hypothétiques destinataires : « Madame votre mari vous trompe, tous les mercredi et samedi soir, au lieu de se rendre à son cercle habituel il batifole avec des… – il ne peut se résoudre à la péjorative dénomination de pute ou de prostituée, à la rigueur de fille de joie ; amèrement ressent l’incongruité de ce terme en ce si particulier moment ; presque entend les railleries s’élever en sa direction – au bordel de la rue… dont une dénommée Jackie, accidentée de la route et depuis méchamment estropiée… J’espère que votre complicité de femme vous engagera à vous apitoyer sur son sort, peut-être partager son malheur en me faisant parvenir la somme que vous jugerez… sinon je me verrai dans l’obligation de divulguer les pitoyables ébats de votre époux, sa goujaterie… »… « Monsieur, vous n’aimeriez pas que votre présence au bordel de la rue… soit révélée, aussi pour vous garantir d’une telle publicité je vous enjoins de m’envoyer, à ce nom et poste restante, une somme de… Elle pourrait servir à l’achat d’une prothèse pour qui vous savez… Sinon sachez que votre vice sera ébruité au sein de la population et votre renommée définitivement ternie…salie… ! »… Convaincu de notre inégalité devant ‘l’émoi’, de nos différentes appréciations de la beauté, incertain sur la suite d’événements qu’il ne maîtrisait pas, il jeta ces stupides lettres –à son goût, trop mièvres, trop respectueuses, alors que sous couvert d’anonymat il aurait pu donner libre cours à cette indignation qui l’habite envers ce monde d’hypocrites, que lui-même avalise par son innommable comportement – dans la première boîte à sa portée. Enfin, rasséréné par cette action, quoique sachant qu’il n’obtiendrait aucune réponse, par pusillanimité déjà se désintéressant d’un éventuel retour de courrier, il se disposera à écrire une maladroite lettre d’amour à la dénommée Jackie, qu’il lui adressera au service d’orthopédie de l’hôpital …

…Madame, mon amour, Jackie… même si trop fugacement, grâce à vous j’ai vu, j’ai touché, j’ai caressé, j’ai respiré la beauté, de cette rencontre j’en conserve un indélébile souvenir… Bien sûr, cette initiatrice eût pu être l’une de vos consoeurs, qui je pense eût agi avec autant d’attention et de respect envers cet énième jeune mâle se risquant aux jeux de l’amour. Mais de votre égard, pour ne pas dire votre vénération pour l’organe, sa délicate manipulation, au-delà de la surprise, puisque bandaison et foutaison se conjuguent ensemble, m’en demeure une infinie reconnaissance… Aussi, bien que ne vous connaissant pas, nos brefs frottements d’épidermes ne suffisant pas à l’affaire, n’ayant même pas retenu les traits de votre visage sinon la ligne de vos jambes si fines, si galbées, heureusement gainées de soie noire, la vision de ce sexe broussailleux niché à leurs jointures, et plus encore son odeur que je m’entête à faire perdurer –merci pour votre culotte, j’en suis sûr, vous m’avez vu la dérober –, je vous suis redevable de cette illumination physique… On ne sait comment eût réagi Vénus en se voyant amputée de l’un de ses membres, je pense que de ce saccage elle en eût ressenti l’humiliation de cette beauté dont elle était prêtresse, comme en leur temps les hétaïres grecques et les vestales romaines, donc je me risque à concevoir qu’il en va de même pour vous, si durement châtiée dans votre corporéité même… Au nom de cette beauté je me suis risqué à une folle entreprise, essayant par lettres anonymes, alerter de votre handicap vos plus fervents admirateurs, et ne désespère pas de lever une somme suffisante à l’achat d’une prothèse afin de le réduire au minimum… Je ne sais, si j’aurai le bonheur d’à nouveau vous rencontrer, aussi aimerai-je que vous me fassiez parvenir l’une de vos photos, afin que je puisse à mon chevet la dresser comme icône tutélaire… Avec mon amitié et mes vœux de prompt rétablissement… Bien à vous Armand T… PS/ ci-jointe ma véritable adresse pour le cas où… Le sort en était jeté, il savait que dans les prochains jours les services de police n’auraient qu’à suivre l’adresse indiquée pour l’interpeller…

Dans leurs cercles, ces messieurs ni ne s’émeuvent ni se suspectent, s’agissant de finances ils ont vu pire et gaillards toujours se sont relevés, certains ont même fait des guerres… Nonobstant, entre gens de qualité, cigares et vieux alcools, après avoir mot à mot disséqué cette lettre leur paraissant surréaliste, les supputations vont bon train et une même interrogation revient sur les tapis de poker : qui donc a osé troublé une si vieille, si trouble ordonnance ? Evasivement, sans risquer aucun patronyme chacun avancera ses hypothèses et au fil des soirées ce possible dialogue s’établira :

Nous avons affaire avec un mauvais fouteur, mais un discoureur audacieux…

Un poète, un amoureux fou de la Femme si on en juge par son idolâtrie…

Un cinglé, d’autant plus dangereux qu’il se prend pour un redresseur de torts…

Pire, un philosophe, un ratiocineur qui emploie de ces termes : féminité, corporéité ! Comment voulez-vous que ça baise, les femmes demandent de la tige, de la dure !…

Alors qui d’après vous ? Un jeune, un vieux con ? toujours est-il qu’il s’agit d’un habitué de la maison, qu’à travers nos vices il semble bien nous connaître…

Trêve de balivernes, il lui suffit de relever nos noms et qualités, soit dans l’annuaire des postes ou celui de la municipalité…

Nous devrions interroger les filles, habituées aux confidences, elles pourraient nous indiquer…

J’en doute, à peine a-t-il sauté la Jackie, que de longtemps notre anonyme ne se risquera à renouveler son exploit…

Sans doute attendra-t-il que nous lui ayons payé un nouveau membre, comme si son cul ne nous suffisait pas…

Alors qui ? Si nous contactions son Jules actuel peut-être nous aiguillerait-il…

Jules toi-même, ne l’as-tu pas été ! je te dis que ça vient de l’extérieur de nos cercles…

D’un amoureux éconduit ? Je suis sûr qui si nous ne donnons pas suite à sa requête, le soufflé se dégonflera…

En ce qui me concerne, pas question de réparation orthopédique, il me semble avoir suffisamment payé de ma personne…

Moi je serai d’avis d’aller en chœur au commissariat, d’y déposer pour chantage…

Trop tôt mon ami, pas de précipitation, comme dans les polars, attendons la suite, les rebondissements…

Quant à nos femmes, ni hâte ni inquiétude, elles aussi ont leurs petites habitudes, de leur côté prennent du bon temps…

Sûr, on n’échappera pas à un brin de comédie, mais après un petit tour chez le bijoutier tout devrait s’arranger…

Tu as raison mon cher, le mariage reste un compromis, j’ai bien dit un con promis, ah, ah !…

D’accord mon vieux, mais nous n’allons pas demeurer dans l’indécision, je souhaite que l’on vote, savoir si oui ou non, nous déposons plainte…

Le vote se déroule dans un chahut de collégiens, il en ressort qu’à la majorité ces messieurs préfèrent botter en touche : voir venir puis aviser au coup par coup… Un principe de précaution éculé, étant donné que comme le dit le poète, le cœur à ses raisons que le cul ne méconnaît pas, ah, ah !… Justement, du côté des dames devenues patronnesses, pas d’émotion particulière ni signe d’inquiétude, elles font comme si, n’ont-elles pas appris l’art de la simulation ? Lorsque on ne visualise pas la scène, seulement imagine les réactions consécutives à cette lecture effectuée en bonne compagnie, ce graduel échauffement se devine aux rougeurs, à la nervosité… les doigts pianotent, les pieds trépignent, les sexes mouillent… Aucune d’entre elles, malgré la complicité attendue, ne souhaite jouer les secourables envers cette mijaurée, mon dieu, comme c’est rigolo, une cul de jatte ! Expertes, elles songent discuter avec leurs conjoints, selon les objectifs atteints, contacter leur notaire afin de voir se réviser leur contrat de mariage… Seul le service d’orthopédie est en émoi, la lettre d’amour y circule, du haut en bas de la hiérarchie les gorges chaudes et les rires font florès, l’innocence et la bêtise du pauvre épistolier y sont dénoncées, personne ne s’apitoie sur le sort de l’estropiée qui bien évidemment, hormis de vagues allusions dont elle ne saisira que leur tonalité haineuse, jamais ne parcourra cette lettre qui pourtant eût pu lui accorder quelque réconfort sur ses derniers moments…

Avisé par le service hospitalier, longtemps le commissaire demeura dubitatif, il connaît Jackie, lors de ses débuts dans la police, dans une autre ville lui évita des ennuis, la protégea, aujourd’hui l’a encore dans sa peau. Aussi, cette lettre d’amour, au gré d’incessantes relectures apprise par cœur, il regrette n’en être pas son rédacteur, n’avoir pas pensé à cette requête, puisque de l’accident et du handicap de son ancienne protégée directement il en fut avisé, et c’est seulement par crainte du qu’en dira-t-on, que jusqu’à ce jour il ne s’était pas risqué à lui rendre visite… Au-delà du métier, pris de tardive compassion il fixera rendez-vous au maître chanteur, qui lui se méfie, durant plusieurs jours disparaîtra dans la nature afin d’échapper à toute investigation… Malgré cette illusoire diversion, à son retour d’escapade un véhicule de police l’attendait, mais détail d’importance avec un homme seul à son bord, en l’occurrence le commissaire qui, sur un ton amical abordera Armand T…. lui déclarera vouloir l’entretenir d’une personne ‘chère’ ! Hélas, le temps qu’ils s’accordent sur une marche à suivre, de successives interventions chirurgicales eurent raison de l’organisme de Jackie, elle s’affaiblit, le pronostic s’aggrave…. En attendant le pire, l’ancien amant livre ses confidences au jeune homme : « Jackie était déjà dans le métier lorsque je fis sa connaissance, c’était une super baiseuse, mais voilà que je m’exprime au passé comme si… J’en étais fou, jalousais ses michetons et jules, me planquais dans la piaule d’à côté d’où je l’entendais jouir, râler, un régiment entier ne l’aurait pas satisfaite…Vous seul pouvez comprendre mon hésitation lorsque je la retrouvai ici, perdue dans ce bordel de province, aussi, d’un tacite accord nous jouâmes les indifférents, il valut mieux ainsi… Pour vous, de la Femme elle représente la Beauté, pour moi son seul sexe. Sans doute avons-nous raison tous deux, puisqu’à leur endroit ne dit-on pas qu’il s’agit du beau sexe ? Votre superbe lettre, je regrette ne l’avoir pas écrite, mais permettez moi parlant d’autres missives, plus anonymes, de vous demander si elles ont porté les fruits espérés. A leur sujet vous n’avez rien à craindre, aucune plainte n’a été déposée, ces messieurs sont frileux, dans ce cas précis l’ignorance feinte est leur meilleure garantie ! C’est seulement pour information que votre remarquable cri d’amour m’a été transmis par l’hôpital, où nous devrions lui rendre visite, j’ai quelques économies, elles pourraient me permettre de payer ma quote-part pour l’achat de sa prothèse, encore une idée dont j’aurai aimé être l’instigateur, par ailleurs, je doute que votre message lui ait été remis, pourtant cet acte de sollicitude pouvait lui adoucir les mauvais jours à venir, la rééducation, son retour à la vie… active »…

Lorsqu’ils pénétrèrent dans l’hôpital, le personnel leur apprît la mort de Jackie, lors d’une énième intervention… Anéanti le commissaire tituba, puis se reprenant vitupéra ces pleutres, incapables d’apporter le moindre soulagement à la moribonde, car tous savaient qu’à l’article de sa mort, la lecture de cette lettre lui apporterait soulagement, lui ferait comprendre qu’au delà de son destin de fille publique un amour sans tache la magnifiait… A leur sortie, ému aux larmes, le jeune homme remercia le policier pour sa vigoureuse intervention, située à la hauteur d’une commune indignation… Quarante huit heures plus tard ils se retrouvaient au crématorium, hormis une poignée de filles, pas un parent, pas un notable, seule une infirmière ; timide elle s’approchera d’eux, par signe fera comprendre à Armand T… qu’elle souhaite lui parler : « Monsieur, j’aurais aimé que mes amants m’adressent une telle preuve d’amour, vous êtes un véritable poète, vous connaissez les raisons de ce cœur qui ne bat qu’au travers du sexe ! »… Avant de s’éloigner, un instant le commissaire interrompit leur conversation, tapota une épaule de l’épistolier, tout en lui glissant une enveloppe lui dit ceci «Voici l’un de ses plus beaux portraits ! »… Un court instant cette photo brûla les doigts d’Armand T… cependant, face à lui se dressait une autre version de la femme, en plus blond, plus potelé, plus vivant ; il ne douta pas un instant, la raccompagna à son domicile où vite il s’y établit… De leur union on peut envisager, soit la naissance de nouveaux célébrants de l’icône féminine, soit un échec redevable à l’exigeante libido de l’infirmière… Il est connu que leur proximité de la souffrance, de la mort, souvent conduit ces soignantes à se délivrer de leur mortifère emprise en se livrant à la fornication ; elles le savent, le cul à ses raisons que rarement le cœur contredit !…

Share